Renaissance
20.07.03
Viens là!
J'crois que t'as quelque chose à m'dire.
Comment t'as pu me faire ça?
Quoi?
Tu vois pas c'que je veux dire?
J'ai appelé ton soi-disant oncologue ce matin.
Il a pas de patiente sous ton nom.
Comme un crétin, j'ai appelé ton médecin.
Il m'a dit que tu n'avais rien.
Une seconde de soulagement et le débout d'une vie sans lendemain.
Quand tu m'as dit que t'avais l'cancer et que tu pouvais crever.
Des matins je me levais et je pleurais comme s'il pleuvait.
T'as pris tout ce que j'avais à donner sans aucun scrupule.
J't'ai même écrit une chanson.
J'ai vraiment été ridicule.
Vas-y rassasiaient avant que j'te fasse asseoir.
Merde! J'arrive pas à y croire.
Où es ce que tu crois aller comme ça.
Toi tu viens là. Frappe, mais vas-y frappe.
Quoi? C'est tout ce que t'as?
Tu te souviens quand ils t'ont mis en détention préventive et que
j'ai fait des pieds et des mains pour t'en faire sortir.
J'aurais dû écouter l'juge quand il m'as dit que t'étais une pute.
Mais non! Une pute!
J'Vois même pas pourquoi j'discute.
Regarde ton mari! Regarde le!
J'ai vraiment cru en nous.
J'ai cru qu'on était différents.
Mais qu'es ce que tu fous?
Vas-y casse les! Regarde je peux aussi l'faire.
De toute façon j'les aimais pas.
C'éait un cadeau d'ta mère.
Toute cette histoire était un mensonge, mais j'y ai cru.
Tu le vois cet anneau?
Tu peut t'le mettre dans l'cul.
Refrain:
J'ai cru qu'l'amour avait ton visage.
Aujourd'hui je sais que c'était qu'un passage.
Juste une prise d'otage.
Putain qu'es-ce que t'as fait?
Non, pas encore un fois!
Bouges pas.
Reste calme, je vais te sortir de là.
Fait voir.
Merde, c'est vraiment profond cette fois.
Putain mais pourquoi, pourquoi tu nous fait ça.
Allo! Ma femme vient de se couper les veines.
Elle est inconsciente dans le bain,
Il faut qu'une ambulance vienne.
Y a du sang partout.
Faut vous grouiller, j'crois que c'est grave. Quoi?
Que par devant je lui enfile un peignoir.
Viens-là!
Faut que je te sorte de là. Quoi?
Mais oui je t'aime. Oh! Oh!
Reste avec moi.
Tout va bien se passer.
L'ambulance est déjà en route.
Quelques points de sutures et c'est oublié.
Mais qu'es-ce qu'ils foutent?
Arrête de bouger ou ça va saigner encore plus.
Ils sont là!
Pour toi aujourd'hui, c'est pas encore le terminus.
Bien sûr!
Je monte à l'arrière avec toi.
Mais c'est pas pour autant que j'te quitterais pas.
Avenues
2xRefrain: Comment pourrais-je tracer un trait sur tout c'que l'on a vécu. Comment retrouver la paix dans la tourmente de ces avenues.
On était 5 on avait rien ou plutôt on avait que nous. Une poignée de rêves et un monde qui veut pas de nous. Alors on brûle cette chienne de vie par les deux bouts. C'est grâce à mes soces que j'suis toujours debout. A la télé ils parlent de nous dans leurs débats. Mais pour piger, il faut l'avoir vécu dès le début. Livrés à nous même, on a formé nos propres familles, même si les propos varient, le topo reste pareil. A travers les années que je regarde à droite ou à gauche, ils y en a qui manquent dans les rangs, mais je vois toujours les mêmes soces. La rue nous berce mais ces avenues nous brisent. Tout ce béton nous baise et son vice nous canalise.
2xRefrain
On était 5, aujourd'hui on est plus que 4. Faut faire le deuil, c'est se que me répète mon psychiatre. Comment tourner la page, comment trouver le courage de lâcher prise et de toucher le fond sur naufrage. Loin des regards je me retrouve à pleurer ton absence, mais rien peut transparaître dans ma nouvelle résidence. Quand on les dérange, c'est ici qu'ils nous rangent. Derrière ces barreaux, la culpabilité me ronge. Si j'avais fermé ma gueule, ravaler ma fierté, il y aurait pas eu d'embrouilles et tu serais encore sur tes deux pieds. Mais comme d'hab j'l'ai ouvert et comme d'hab tu m'as couvert. A cause de mon orgueil, tout le monde en a souffert. Putain ce que tu me manques, nos souvenirs me hantent. A cause de moi, tes rêves et tes espoirs se fragmentent. Ils disent "Les meilleurs partent toujours les premiers" alors on se voit dans une éternité, je serais dans les derniers.
3xRefrain
Ma Suisse
Gimma
Liabi schwiiz, liabi fründa vo graubünda, i khuma vo khur obanaba zum eui d'botschaft verkünda jublend alli mini puura, städter, agglo friisura miar händ d'regiarig verschleppt und in d'alpa igmuuret. Innaminister isch etz neu dr beat schlatter, wirtschaftschef dr bernhard rappaz, ussaministerin jubaira bachmann, - als fachmaa fürs fiira, i am funk partys schmiissa schiissemer uf dr paragraphawahn vo alta ziita. I bin für freipiar in bars, absynth und spass d'schwiiz isch doch verklemmter als am chrigi sis arsch. Das isch so kamikaze staatsstreich yamakazi wahnsinn do luagsch blöd us dr wösch wia dr adriano tomasi. Mama helvetia, miar bruuchend meh z'kiffa und mach dia altersfalta glatt, gohn mol go facelifta, mach di gschmeidig wia shapes shifta, oder i pagga mina wilhelm tell us zum in dini gröschti brauerei pissa.Das wär denn feldschlössli, aber das bruucht calanda power. Wia anara after after afterhour - after afterhour. Machend beamti sauer, wiana aggressiva bsoffna wenn khunnt endli dia statua für dr albert hoffmann?
Refrain
Stress
Ma Suisse n'est pas neutre, elle se bat pour ce qu'elle croit. Elle n'a pas peur de dire tout haut ce que tous pensent tous bas. Elle voit son avenir dans la multi-culturalité. Voit pas de menace musulmane dans la construction de minarets. Au conseil fédéral pas de conflits d'intérêts. Et Blocher n'y fait pas la propagande de l'UDC. Ma Suisse pense futur, changements, ouverture. Elle pense Europe, culture et pas qu'aux grosses coupures. Elle ne fait pas un drame d'la naturalisation. Surtout si on a participé à sa construction. Ma Suisse est fière et pas que durant la coupe du monde. Elle se mélange et à coup d'Absolut se dévergonde. Dans ma Suisse, on se met pas à 12 mecs sur une fillette, tout en parlant de respect. Prends ce coup de tête-balayette. Si tu respectes pas les femmes, tu respectes pas ta mère. Si tu respectes pas ta mère. Tu mérites pas qu'on te respecte.
Refrain
Baze
Mini schwiiz isch ä luxus, schlampe uf sinkendem luxus, dampfer us biuigem schmuck usplastig, bangtsi um ihre guet rueffazit - mini schwiiz isch papierchriegdunkli beiz, stumm bi paar bierli jungs bruche unbedingt papierli u junks schlafe futzdruf im tram i mini schwiiz isch so zwüsche aupeblick u betonwüeschti so zwüsche weder gloube no gwüsse chole, schaffe, glücklech, chole macht ke fründe. Mini schwiiz isch ä gartezuun u nachbarshund risst der dr arsch uf buure lege ihri sippe miter pump um wöusi flippe uf der insle am abgrund.
Refrain
Mais où?
Refrain: Paraît que c'est pas content, que ça braille. Mais où? Ils ont un truc à dire? J'entends rien. Mais ils sont où? Tu sais où me trouver, moi j'suis juste là mais toi t'es où? Mais où?
Y a trop de pourris déguisés, derrière des sourires aiguisés. C'morceau c'est mes 3 minutes de lucidité. L'année dernière j'ai découvert que le succès m'éloigne de ma zik et que le fric a foutu la merde dans l'ensemble de mon équipe. Alors j'suis souvent excessif, parfois dépressif. Impulsif dans l'exercice de ce rap qu'ils déprécient. Ca critique, l'opinion publique clame qu'on sert à rien. Double disque d'or. Notre musique doit bien parler à quelqu'un. 30'000 majeurs en l'air, une horde criant "fuck Blocher". La droite peut plus nous ignorer, j'crois que c'est clair. Puis l'UDC me demande des excuses publiques. Messieurs les voilà: bande de fachos sucez ma bite. Ma maison d'disque flippe j'utilise "pédé" dans un titre. La communauté gay s'excite, ils veulent que je m'explique. J'parle le langage de la street. Y a décalage faites pas un drame. J'travestirai jamais mon langage pour vos états d'âmes.
Refrain
Dans ma zik j'y mets ma vie, vas-y demande à Melanie. Si pour toi c'est une question de mélanine tu peux m'sucer la bite. Souvent j'suis mon propre ennemi. Ma mélodie ma maladie. Mais j'te garantis que tous ces clichés ça m'assassine. C'est parti on met 2-3 pétasses dans une piscine, 2-3 bouteille de cristal qu'on a remplies de bibine. Aujourd'hui faut vendre d'la drogue, faire d'la taule pour faire du rap. Et la musique dans tout ça? A ce que j'entends, tout le monde s'en tape. Ils croient que les clichés et le fricotage ça fait vendre. Tu kiffes qu'un d'ces chiens de l'industrie se frotte à ta jambe. On nous met la violence sur le dos, c'est la controverse. Mais la musique résulte des problèmes sociaux et non l'inverse. Comme il y a 20 ans dans le rock, dans le rap ça se tape. Mais pour le rap les medias matraquent. Ces bâtards nous détraquent. Interdisez le rap avant que ça dérape et que ça soit trop tard. Un peu décevant d'la part de ces 68ards.
Refrain
Melodies de nos vies
Refrain: Pourquoi les seules mélodies qui nous parlent sont des mélodies si tristes? J'aspire aux rires et non aux larmes. On m'a dit que le bonheur existe. Pourquoi les mélodies qui nous parlent restent des mélodies si tristes? Tout le monde s'ignore et se nargue. Mais regardez-moi j'existe!
Les mômes jouent les bonshommes et les bonshommes jouent aux mômes. Les fillettes font les putes et les putes font les prudes. On s'occupe plus de l'orientation professionnelle. Mais ce qui nous intéresse, c'est l'orientation sexuelle. Le taux de suicide rivalise le taux de succès scolaire. Les profs font plus la part entre désespoir et la colère. L'amour s'apprend dans les films "x", non mais c'est grave. A la récré des petites taillent des pipes pour des carambars. Les garçons croient que les filles ont un penchant pour les tournantes et si elles disent "Non". C'est juste pour faire les chiantes. En guerre contre les règles, mais le plus souvent contre nous-mêmes. D'une génération qui préfère crever que dire "je t'aime".
Refrain
On se réfugie dans la zik et les clips de ces artistes, qui donnent l'impression qu'on existe, qui pigent ce qui nous attriste. A la maison, la famille a le sourire triste d'un clown. On se marie, on divorce comme on organise une boum. On se quitte par SMS, on s'excite par MMS. Mais aimer est-ce si impossible? J'lance un SOS. On croit louper quelque chose si on n'a pas baisé toute la ville. Par contre pour l'amour on s'dit qu'on a toute la vie. Au fond tous cherchent l'amour. Personne n'ose l'admettre. On se cache derrière des discours par peur de se faire mettre. Par peur d'avoir mal on finit par avoir peur de vivre. On fait tout pour oublier qu'en nous il y a quelqu'un d'sensible.
Refrain
Ici quoi de plus normal qu'une famille monoparentale. Sinon on fait dans le conflit conjugal. Et ça cogne son môme comme un punching-ball. Puis ça a honte et refuse qu'il fasse la gym à l'école. Tout ça pour pas qu'on remarque toutes les marques sur son corps et que l'assistante sociale débarque et embarque ce pauvre. À la maison on le cogne. A l'école on le colle. De quoi finir comme Dutrou ou Bush. Tu rigoles, mais comment faire face à cette violence domestique. Trop de parents prennent les mioches pour des bêtes qu'on domestique. Et quand un père alcoolique a un penchant pour son fils. Quel effet ça te ferait si ta vie s'arrêtait à 10 piges.
Refrain
Zone
J'tourne en rond dans mon appart, dans ma tête c'est l'autoroute. Milliers d'questions à ma porte et autant de doutes. J'sais plus quoi faire de moi-même. Ils espèrent trop de moi. Merde! Entre consonnes et voyelles je me perds. Demande à ma mère. Dans l'salon, la cuisine, quand j'suis sobre ou quand j'suis saoul. Assis ou debout. J'suis même pas à la fin du début.Ca me bouffe, j'veux pas faire ça parce qu'il faut que je bouffe. Ça m'étouffe mais je taffe. Quoi d'autres veux tu que je foute. Les choses j'dois les vivre, pour pouvoir les écrire. Mais ils veulent que j'écrive avant que je puisse les vivre. Et c'est ligne après ligne. Et c'est phrase après phrase. J'ai l'impression d'me répéter page après page.
Refrain: Je zone dans les rues de ma ville à ta recherche. Oh! Zone dans les rues de ma ville. Eh!
De questions en questions, je tiens plus la pression. Dès fois je me demande si c'est encore de la passion. Les pourquoi du comment. Les quoi et les où. Ca me chie et ça m'tend. Ils me disent "Il faut que t'écrive ton prochain single!" J'arrive pas et en plus le fils de ma copine gueule. Je m'arrache les cheveux. J'veux tout casser en deux. Alors je crache et je crache. Mais c'est pas assez pour eux. Je leur donne toute ma vie mais ils veulent encore plus. Ils me poussent. Ils m'oppressent. Je m'en fous de ce que dira la presse. Écrire ma dépendance. Et face à ma feuille blanche. Je déprime, je piétine et j'enchaîne les nuits blanches. Jusqu'à ce que je trouve le courage de creuser au fond de moi dans ma crasse. De m'regarder en face. C'est là que j'me surpasse. Ils font "Yes! Whau!" Ils font "Ouh!" Ils font "Aah!". Et moi j'aurais vendu ce que j'ai de plus intime en moi.
Refrain